notre histoire
partie 3

2008 à 2016 : AUTOUR DE JEREMIE ET SES AMIS

CREATION D’UN SOCLE COMMUN D’ACTIVITE

Notons les grandes questions et les grands mouvements qui vont jalonner la vie de l’association

Notons aussi les grands rituels qui vont se créer et constituer le socle de nos actions

2008

En 2008, pour le camp, ce sera l’ouverture à des jeunes handicapés qu’on ne connait pas préalablement, précisément 2  jeunes. Martin et Pierre Yves

On découvre rapidement les embûches et les amendements indispensables

Pour nous engager,

  • Nous avons besoin de connaitre vraiment la personne que nous nous engageons à accueillir
  • Nous avons besoin de la confiance absolue de leur famille
  • A l’inverse nous ne souhaitons pas qu’elle se décharge
  • Nous demandons que la personne handicapée qui veut participer au camp vienne avec « son » accompagnateur (sa tierce personne habituelle ou un membre bénévole, de sa famille ou de son entourage). 

Nous rappelons l’idée première de l’association  qui est de créer, renforcer un RESEAU de solidarité autour de chaque adulte handicapé (pour éviter isolement, enfermement)

Et l’idée première du camp qui est que ces réseaux de solidarité par moment, par segment se mélangent, s’imbriquent, se retrouvent … et se pérennisent dans un plaisir partagé

L’espace vacances étant évalué comme l’espace et le temps idéal pour cela  

2009

Changement de nom de l’association 

Il est motivé par le fait que la dénomination « Autour de Jérémie » renvoie à un mouvement de solidarité autour d’une seule personne ; ce qui a été vrai à l’origine mais n’est plus du tout le cas depuis plusieurs années. Ce ciblage « individuel », induit dans la dénomination, a pu en particulier nous pénaliser dans les demandes de subventions.

L’Association étant quand même bien repérée sous son sigle « Autour de Jérémie », il a été imaginé de préserver le nom d’origine en l’extrapolant. Plusieurs propositions ont été mises au vote. Une majorité s’est prononcée pour AUTOUR DE « Jérémie et ses amis »

Pour rappel : Jérémie, Mehdi, Bertrand, Samuel, Laila, Manon, Maxime, et Céline)

 

Modélisation et ritualisation du camp d’été

toujours à Méjannes le Clap, toujours sur 15 jours et cette fois avec 8 jeunes handicapés dont 3 nouveaux qu’on a appris à connaitre sur l’année, dont on a bien mesuré l’engagement des parents, et qui viennent chacun avec leur référent (Laïla, Manon et Maxime) 

On retient de ce camp des éléments essentiels, certes exigeants, mais garants d’un bon fonctionnement :

 

  • D’abord « le référent »

Théoriquement, on le rappelle, le référent est une personne venue de l’entourage personnel immédiat du jeune accueilli : un parent (tante, cousin, frère…), une tierce personne habituelle (généralement salariée), ce pourrait être un ami de la famille, un voisin investi … Ce référent connaît donc en principe bien, voire très bien, la personne pour laquelle il intervient prioritairement.

Le référent présent : quelle est maintenant sa place ? Il est le garant, il est celui qui a le souci, il n’est pas celui qui fait tout. Il doit être secondé, il doit pouvoir déléguer, il doit pouvoir partir et souffler, il doit permettre aussi à la personne handicapée de se familiariser avec d’autres intervenants …

 

  • Ensuite la question des bénévoles, 

Ils sont indispensables, en nombre et en qualité et viennent en soutien et en renfort des référents – pour les transports et transferts, pour les courses et la cuisine, pour l’entretien et le linge, pour la fête et la bonne humeur, pour un relais ponctuel  …

Et donc vigilance quant à leur nombre, leur engagement, question de l’intérêt et des limite de leur jeunesse (… de leur vieillesse !), question de leur défraiement pour leur transport, mais aussi question de leur participation financière ( a minima les repas) afin que l’association puisse s’acquitter des factures conséquentes de location , vu le nombre total des participants

 

  • Ensuite apparait un frein majeur, le trouble psychique :

Les intervenants habituels expriment ne pas se sentir compétents pour gérer un adulte porteur de troubles psychiques importants. Le rythme, les besoins, les habitudes, l’ambiance … qui s’installent automatiquement avec les adultes polyhandicapés ne sont  finalement pas du tout les mêmes que ce qui convient à un adulte en proie à des angoisses, des agitations, des fixations, des troubles du sommeil, et finalement une impossibilité profonde à satisfaire. Le cadre d’un VVF, avec son public « familles tranquilles », avec son ouverture sur l’extérieur, avec le potentiel de danger qu’on s’imagine à chaque disparition, n’est pas non plus facilitant.

Face à des troubles psychiques, certains ont dit leur impossibilité à « lâcher prise », le stress créé, ressenti et décuplé, parfois une espèce même de contagion  et finalement l’épuisement. Alors qu’on pensait généreusement ne pas ségréger dans le handicap, on fait le constat aujourd’hui qu’on ne peut pas, tel qu’on fonctionne, tel qu’on veut et qu’on peut fonctionner,  mixer tous les handicaps. 

 

  • Et s’exprime le début d’un questionnement

Doit-on continuer à rechercher  des financements complémentaires tous azimut ?

Les demandes de subventions nécessitent un fort investissement humain pour des résultats parfois décevants.

Elles peuvent également influer sur le contenu de notre projet afin de « coller » au mieux aux critères d’octroi des financeurs.

Le décalage dans le temps entre la demande et la réponse est difficile à gérer, il pousse à agir et dépenser pour justifier un éventuel futur octroi  et peut nous mettre en difficulté.

Ne faut il pas plutôt concentrer notre énergie sur une  participation  active auprès des jeunes handicapés avec des moyens financiers plus modestes et internes à l’association, sur une meilleure définition et réalisation  de notre projet ?

2010

  • camp 15 jours à Saissac –les mêmes – ça roule sauf le lieu, trop peu accueillant et chaleureux
  • dossier : Demande de renouvellement de l’agrément vacances adaptées organisées – accordé pour 3 ans
  • Dossiers annuels de subventions : nos  « mécènes »   varient : le Conseil  Général régulièrement, ponctuellement la Caisse d’Epargne, la Bonne Jeanne, les blés de l’espérance – jamais nous n’obtiendrons de subventions de la Fondation de France, ni d’ailleurs du crédit coopératif

2011

L’association bouge, entre bilan et projet, et les jeunes se mobilisent

  • Cette année nous fêtons les 25 ans de l’Association. 25 ans, c’est 25 fêtes, c’est 25 gâteaux à la fraise ……. 

Manon a réalisé un petit film qu’elle nous présente lors de la « fête à Jéjé » qui a lieu cette année sur la Côte bleue

Synopsis :  « Jérémie a 28 ans ; il est polyhandicapé. Depuis 25 ans, une association d’une centaine de bénévoles l’entoure, et soutient ses parents dans leurs idées, projets, batailles.  Une centaine de bénévoles fidèles dont les enfants petits ont, eux aussi, grandi en proximité de Jérémie et qui prennent aujourd’hui un relais. Tandis qu’au fil des années le cercle des amis handicapés de Jérémie  s’est agrandi :

Bertrand, Samuel, Manon, Laila, Maxime, Medhi, Céline … deviennent, comme Jérémie et avec lui, les sujets d’une attention partagée et d’une affection fidèle.

Une histoire simple, des rencontres, des fêtes, des week-ends, des vacances

Une histoire simple, un maillage, un portage, … comme un parrainage

Une histoire simple où du vivant se crée, là. »

Vidéo des 25 ans !

  • Les jeunes décident de se réunir entre eux  en « AG JEUNES »

Proposition d‘assurer eux-mêmes, eux seuls  

-un WE avec les jeunes (Laïla, Jéjé, Samuel) en juillet (rando goélette) 

-un week-end à Disney pour Samuel, Laïla, Bertrand, Jéjé, Manon N – compter 10 adultes bénévoles pour assurer. Sera  programmer en 2012

-un petit séjour ski début 2012

de plus Idée d’un atelier « découverte de l’autre » avec même petite vidéo individuelle … et Création d’un questionnaire pour parvenir à une meilleure communication avec les jeunes handicapés (Roman)

  • Les anciens constituent un groupe de travail « A VENIR » (présence de 4 mères d’enfants handicapés)

En discussion les attentes des parents :

« Avoir dans le temps, quand ils ne pourront plus ou ne seront plus, la confiance, ou la certitude, que quelqu’un, quelque part, gardera un regard pour garantir qu’il y a dans la prise en charge de leur enfant toujours de la cohérence, qu’on est toujours en bientraitance, qu’il n’y a pas de dérapage. C’est peut-être le concept de parrainage qui conviendrait le mieux. Et sur lequel il faudrait alors réfléchir.

Avoir dans le temps pu travailler, vérifier, inventer quelque chose qui ne soit pas une prise en charge institutionnelle telle qu’elle existe actuellement (largement insatisfaisante ou lointaine et totalement inaccessible): existe-t-il donc autre chose que la vie institutionnelle, qu’est-ce qui se fait pour des personnes handicapées, des personnes âgées aussi par exemple, en terme de vie solidaire ; dans les interstices, entre l’institution et la famille n’existe-t il pas des alternatives. Tel par exemple un lieu de vie à taille humaine. Sachant qu’en l’état des lois actuelles, les parents ou plutôt leurs enfants ont tous maintenant des ressources (dont ou dans la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), et en dehors de l’AAH), et qu’on peut totalement imaginer que ces ressources pourraient être mutualisées.

Débat : Annick R rappelle l’importance pour elle de la mixité (l’apport d’un public « sain » sur un public « handicapé » et vice versa – l’apport des références, des pratiques de l’enfance pour la vieillesse) l’importance des modes de fonctionnement des crèches parentales, des mouvements des assistantes familiales qui se regroupent (MAM = Maison des Assistantes Familiales), des mouvements des AMPs, des AVS, très motivées et compétentes, qui sont prêtes à s’engager sur d’autres structures, à « créer » leur outil de travail …Bien sûr cela soulève des problèmes: la réglementation, l’encadrement (initiative individuelle), la nécessité du salariat…

Prédomine dans ce débat, dans cet autre lieu l’idée communautaire »

Compte-rendu we jeunes 2011

en juillet à Grimone avec rando en joélette pour Laïla, Jéjé et Samuel

Compte-rendu camp et adieu à Manon

Traditionnel camp d’été en août – 15 jours à Beaurières, avec au retour ou presque, l’épouvantable nouvelle du décès brutal de Manon

  • Le groupe de travail « A VENIR » (Annick E, Marie Françoise, Marion P, Charlotte, Noëlle)  on va rêver avec l’association Habitat Alternatif Social de Marseille qu’on rencontre à l’automne.

« En travaillant avec eux, notre pensée chemine : de l’idée vague d’une structure, nous sommes passés à l’idée d’un habitat adapté, élaboré à partir des besoins, intégré à d’autres et avec d’autres logements dans une « cité » (quartier, village, ensemble) qui donnent sens à la vie en société.

– nouveaux concepts dans notre réflexion : éco-quartier, écologie humaine, ingénierie de projet, mutualisation

Ce projet ça serait en fait une façon de transformer les dépendances en lien social, une façon de faire le pari de toutes nos différences : celles dictées par le sort, celles des différences de parcours de vie (différences économiques, sociales, culturelles …)

Ce serait un projet pour l’habitat, dans l’habitat, par l’habitat

Volonté d’être des citoyens acteurs : on ne demande pas que les collectivités se substituent aux familles, ni dans la mise en place, ni dans la gestion ; on demande que les collectivités soutiennent, aident, favorisent, soient partenaires…

Sur la base de ce projet existant, on pourrait dire par exemple que pour nous, il s’agirait de créer un petit éco-quartier avec

– des logements sociaux ( + autres ??? ex : habitat groupé, copropriété) où seraient logés des personnes et des familles « lambdas » mais engagées et signataires d’une charte de bon voisinage

– une unité de vie en appartement collectif pour personnes lourdement handicapées

– avec sur place un service d’aide à domicile

– et des services croisés et/ou collectifs à définir : une salle commune, une salle d’animation pour une halte garderie, une aide aux devoirs, un coin détente, musique, gym …, une salle de réunion pour accueillir l’extérieur (une association, un collectif, un dispositif … le choix est vaste)

Mais où ce projet ? Ville, banlieue ou campagne ? Marseille, ou Grenoble pour Bertrand, ou Montpellier pour Samuel ? Ou une opportunité ? Une grande ferme vide quelque part, un terrain en donation ailleurs ??? L’idée était de s’appuyer d’abord sur Marseille pour démarrer le travail »

Bref, nous sommes en 2011, nous sommes réellement précurseurs

Qu’en ferons nous ???

2012

  • 1° Séjour neige en mars 2012

Demande subvention d’équipement pour l’achat d’un tandem ski au Conseil Général – qui acceptera

  • Projet A VENIR … projet sans lendemain ??? oui malheureusement ; « l’engagement que ce projet d’habitat groupé nécessite ne peut être à ce jour poursuivi par notre Association (localisation géographique trop éclatée des 5 à 6 participants obligatoires (Bordeaux, Grenoble, Marseille), dossier éminemment complexe nécessitant des compétences pointues, de la disponibilité et un engagement au long cours : minimum de 5 à 10 ans !!!). »
  • Préparation du camp :

Nous sommes sollicités pour accueillir dans notre séjour « vacances adaptées organisées », alias notre camp, d’autres personnes handicapées en grande solitude que les uns ou les autres connaissent, ou même que les services sociaux du CG voudraient  nous adresser.

Avec notre fonctionnement encore jeune et les besoins d’améliorations qu’on pointe, on décide de se donner encore du temps

Et on se redit :

C’est un VVF, une région très touristique … Attention aux comportements possiblement excessifs  de certains jeunes bénévoles

Nécessité de plus de souplesse entre les référents et les bénévoles. Ne pas figer les places et les rôles. Par exemple ceux qui ne s’occupent que de logistique, et ceux qui ne font que de l’accompagnement et en portent parfois le permanent et épuisant souci. Nécessité de faire évoluer la répartition des tâches, de donner de temps en temps une respiration aux référents, en rappelant toutefois qu’ “on ne peut tolérer aucun manque au niveau du handicap” MF

Importance de faire un débriefing tous les soirs ou tous les 2 soirs, de mettre en place des temps de paroles

  • We Disneyland en octobre : un rêve, une réussite…très energivore !
  • Automne 2012, regain de sérieuses tensions entre certains membres de l’association. Problème de place, de partages de places, d’ouverture, de pouvoir ??? Toute la famille P, très impliquée de longue date démissionne,

« Débriefing émotions : Sous la bienveillance et le savoir faire de Sarah nous avons pu nous exprimer sur ce départ de l’association. Chacun avec ses mots, avec ce qu’il a dans le cœur, nous avons déposé dans le groupe notre ressenti, nos émotions… sans jugement et dans l’écoute de l’autre, pour se libérer, éviter les tabous et reconstruire… ou plutôt continuer à construire ensemble, et à grandir »

2013

  • dossier : Demande de renouvellement de l’agrément vacances adaptées organisées – accordé pour 3 ans

Séjour ski

Samuel, Jéjé + en partage Bartrand et Laïla

Camp d’été

15 jours à Aubagne au Château Creissaud

  • Sur proposition de Martine Dum, « on profite du mois d’anniversaire des personnes handicapées pour échanger autour de leurs difficultés, besoins, particularités. Et ceux qui veulent peuvent leur envoyer pour leur anniversaire une carte postale qu’ils adoreront recevoir. Ce qui va se mettre en place et perdure aujourd’hui…

Jérémie : 29 mai, Medhi : 25 juillet, Bertrand : 1er Aout, Céline : 29 septembre, Laïla : 10 décembre, Maxime : 24 Janvier, Samuel : 24 février

2014

  • Portraits des jeunes : Mehdi ,  Bertrand, Céline, Laila
  • Camp 15 jours à Besilles Montagnac

Camp d’été

Montagnac, 15 jours

  • Octobre 2014 : changement de cap pour Jérémie : une Mas s’ouvre pas très loin de la maison, Jérémie a une place en externat. Annick met un peu tout en pose dans sa tête 
  • Début 2014 : Alain nous présente son Projet intitulé OTOURE  qu’il avait juste commencé à réfléchir avant la mort brutale et désespérée de son fils Valerian. A l’époque Alain constatait l’isolement de son fils du fait d’une absence totale  de relais de proximité, affectif, relationnel. Là Alain vient de quitter son emploi pour redonner vie à son projet : créer une fondation et une association dont le but serait Construire, entretenir et développer un paysage relationnel riche autour de chaque personne en situation de handicap et de ses aidants 

Ce projet est né en lui au vu de l’histoire de l’asso « Autour 2 ». Pour Alain Le réseau qui s’est créé autour de Jérémie permet d’être l’exemple pour créer d’autres modèles autour d’autres jeunes.

En règle générale, l’enfant se débat dans son handicap, les parents se recentrent sur l’enfant. L’environnement proche (familles élargies, amis, voisins, collègues) voient ça de loin, se sentent rapidement impuissants et finissent par s’écarter.

Le but serait d’enrayer ce désert relationnel. De permettre aux gens de l’entourage de ne plus être effrayés, sidérés face au handicap, de ne plus se sentir impuissants, d’apprendre à se positionner, à se comporter, à s’approprier le handicap, d’apprendre à identifier, mobiliser et rendre accessible ses propres ressources, bref d’être acteur chacun à sa mesure … en ayant le sentiment d’appartenir à un groupe solidaire d’intérêt commun

Il s’agira donc pour cela de trouver, de former, de mettre à disposition temporairement un porteur réseau pour faire ce travail, pour être  le médiateur entre les familles et leur réseau

Ainsi l’enfant, les parents, les aidants trouveront soutien moral et matériel, du répit dans la relation, une vie sociale, une inclusion

Dans le projet d’Alain Création d’une fondation avec mise en place d’outils d’animation, de formation de communication, et de prise de conscience du handicap.

Objectif :

10 « paysages » /an par département.

Les 2 premiers seraient en Rhône-alpes et en PACA.

Quel dommage qu’Alain n’ait pas pu, n’ait pas su faire advenir son idée. Quelle pertinence qui va de plus complètement dans le sens du concept actuel d’inclusion.  

2015

  • Camp de ski serre chevalier brin de paille 
  • Fête à Jéjé aux Aresquiers,

Débat autour de la qualité des liens avec les personnes handicapées quand tout le monde se retrouve et festoient (« fêtes à Jéjé »).

Alors on se redit, on se redonne des moyens …

Pour créer une dynamique de groupe, on se donne rendez vous chaque matin de la fête pour un forum ouvert et On crée des pôles

Pôle accueil,

pôle activités/annonces/planning,

pôle AG/panneaux pour une AG permanente

pôle connaitre nos jeunes : 1 jour 1 jeune/portraits/comment je me sens avec le handicap

pôle inscription logistique

  • Portraits des jeunes : Maxime Samuel,  Jérémie

2016

  • des nouvelles: Depuis 18 mois Maxime est en détresse psychique importante, avec des hospitalisations en psychiatrie à la chaîne. Il n’est plus en mesure de participer aux activités de l’association. Martine, sa mère, assume la situation, … et s’épuise …. Quelques bénévoles l’entourent ou lui prêtent mains fortes, à la mesure de leurs possibilités respectives. Nous espérons retrouver au plus vite Maxime comme on avait appris à le découvrir, et Martine bien sûr
  • camp de ski, à Monestier, comme d’habitude
  • fête à Jéjé  aux Aresquiers

On pose la problématique de l’engagement. Y aurait-il une crise de l’engagement au sein de l’Association?

On travaille ce thème lors de notre AG fête à Jéjé qui a lieu cette année aux Aresquiers, avec un intervenant extérieur, (association ENVIES ENJEUX) qui nous propose comme atelier « le chapeau de Bono »

Dire le bonheur, l’émotion, l’élan, l’envie, la joie, la richesse … 

Dire l’intergénérationnel, le plus aux enfants « L’asso est un prolongement de ma parentalité »

Dire aussi le manque de mobilisation, de renouveau ; dire  le malaise, la culpabilité/culpabilisation de ne pas faire, de ne pas faire assez, de ne pas faire plus 

Dire la difficulté dune transmission/passation de la part des ainé(e)s, « aux premières loges » depuis le départ

Dire la nécessité d’élargir les acteurs, bénévoles, eux aussi « aux premières loges » depuis le départ

Dire le problème de l’institutionnalisation de nos actions depuis une dizaine d’années:

Le problème d’avoir institutionnalisé des actions est aussi lié aux subventions. , ça nous a un peu tués, on a perdu une partie du sens et de nos envies réelles au passage. On a été comme pris dans l’engrenage de la reconnaissance institutionnelle, avec les normes qui se durcissent, les dossiers de plus en plus lourds, etc.. Il y a de la frustration et de la solitude sur la question de l’organisation et du fonctionnement global. Une sensation de pression, un « il faut » plombant. Ces exigences sont légitimes mais pesantes, elles génèrent moins de plaisir et plus de culpabilité, ainsi qu’une perte de sens, un manque d’expression des besoins, des envies, de ce qui est important pour chacun et pour l’asso, de nos rêves et délires.

on décide de réduire la voilure

de se détourner de toute idée de développement (y compris économique) au profit d’une liberté, et d’une spontaneité

on préserve  le socle commun (fête/camps/ regroupements) ,avec un cadre, suffisamment solide pour pouvoir laisser place aux nouvelles idées

on s’autorise des rencontres par petits groupes, par zone géographique, par affinité, avec une organisation facile souple …

On fait des camps moins longs On les fait entre nous, familles engagées. On les appelle « séjours familles »

On ne renouvelle pas notre demande d’agrément vacances adaptées organisées

On ne demande plus de subvention au conseil général, qu’au passage on remercie pour son aide régulière pendant une dizaine d’années

on demande aussi une plus grande mobilisation des parents pour qu’ils ne prennent pas ce qui se fait, seulement comme un cadeau 

  • Camp d’été à Roquebrune sur Argens, réduit à 10 jours
  • Maelle prend la présidence
  • et Annick se met en retrait (cf son petit mot ci-dessous)

 

"Voilà le décompte : 1986-2016

31 ans de fonctionnement
31 « fêtes à Jéjé »
28 participations Algernon (depuis 1990)
14 camps d’été (depuis 2004)
6 Camps de ski (depuis 2012)
4 gros projets élaborés, rédigés, présentés, défendus … sans concrétisation ou pérennisation :
3 Dossiers de demandes d’agrément (Préfecture et Drass) « vacances adaptées organisées »
7 dossiers et pré dossiers en préfecture pour les déclarations de séjours de « vacances adaptées organisées » (et 2 contrôles sur site !!!)

Près de 25 dossiers de demande de subventions (avec refus : Véolia, crédit coopératif, Crédit Mutuel, Mairie de Marseille, Fondation de France / avec acceptations : Caisse d’épargne, mais surtout Blés de l’espérance et bien sûr Conseil Général 13) 40 000 euros de subventions obtenus en 8 ans dont 25000 euros du Conseil Général 13. Que MERCI MERCI !!!

Près de 30 journaux imaginés, rédigés, imagés, expédiés (par poste longtemps, avec les petits mots personnalisés en accompagnement…) … pour faire connaitre l’association et surtout rendre compte aux bénévoles (actions et/ou dons), et aux officiels, des actions réalisées
5 Salariés embauchés directement par l’Association, en contrat de qualification pour 4 d’entre eux (Patrick A, Xavier C, Frédéric S, Stéphanie B + Karine B)
Pendant 11 ans, un travail de concertation et de partenariat avec l’Education Nationale (intégration scolaire de Jérémie) et avec 3 écoles de formation dans l’éducatif et le social (IMF, IRTS, CEMEA, pour accompagner, tutoriser les contrats de qualification)
Plusieurs autres manifestations/activités plus ponctuelles: une opération pin’s, un WE jeunes à Grimone, un autre à Eurodisney …)
De nombreuses réunions de CA (parfois sur séjour WE) hors celles des AGs générales Des heures et des heures de réunions, de rédactions, de démarches, de rencontres …
un blog tenu tant bien que mal pendant 3 ans et puis … tout ce qui s’est oublié

Mais aussi et surtout UN réseau de solidarité durable exemplaire

Avec un relais de plusieurs centaines de bénévoles (soutien AFFECTIF, PHYSIQUE, FINANCIER, MORAL …)
Dont certains engagés et impliqués depuis de nombreuses années, parfois même depuis le départ de l’association

Voilà, je suis Annick, la maman de Jérémie J’ai, de fait, assumé grandement la charge mentale de cette association depuis à peu près l’origine ; j’en ai aussi porté une très grande part de tout ce qui constitue la charge organisationnelle et rédactionnelle. Je connais bien le paradoxe de cette situation :
- être le parent,
- être là depuis l’origine,
- vouloir que Jérémie existe coûte que coûte au sein d’un réseau bien maillé qui le connaisse, le reconnaisse, l’aide et l’aime,
- rêver de créer LA structure idéale qui pourrait nous seconder, nous relayer, nous prolonger …, nous parents avec notre finitude problématique
- et puis se confronter à la réalité : chacun a sa propre vie, chacun a son fonctionnement, ses priorités, ses limites, ses failles, ses intérêts et engagements ailleurs …
- et ne crée pas qui veut un service ou un lieu de vie alternatif pour des adultes polyhandicapés
- Je sais aussi, ce qu’à côté de moi, chacun a pu donner, de son temps, de son âme et de son cœur à cette association.
Personnellement aujourd’hui je me sens usée » ; et puis trop de soubresauts, de ratés … ces derniers temps

Je choisis donc de me retirer, ce n’est pas facile : la frontière est bien trop flou entre Jérémie, l’Association et mes propres projections. J'ai mis de l'ordre avant de partir, dans tous les écrits, pas tant encore dans mes pensées
Et maintenant laissez moi vous dire MERCI

Merci à tous ceux qui ont été là ou le sont encore aujourd’hui. Sans vous, rien de cette exceptionnelle aventure n’aurait pu exister, n’existerait. Sans vous je n’aurais peut-être pas eu le réconfort et la confiance, le courage et la détermination pour porter haut et fort Jérémie, lui prêter ma voix et lui façonner une place... Mes excuses vont à ceux que, sur le chemin, j’ai pu bousculer, vilipender, exécrer … C’est aussi le risque de qui, comme moi, s’expose … trop… Aujourd’hui Maelle est à la relève … Un conseil : instaurez très vite la collégialité … Et ponctuellement bien sûr vous savez que vous pouvez compter sur moi Cordialement à vous tous Annick, le 30 janvier 2018"

PS du jour: que Martine DJ reçoive ici mes remerciements pour avoir porté tant d'années la présidence de l'Association, en toute quiétude, malgré parfois mes assauts !!!
Annick - 2016